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222                       DE LA FOLIE.

   Il paraît incroyable que cet observateur si fin n'ait jamais su
tirer de ses observations une conclusion qui, à tous les yeux,
semble si évidente. Cependant cela est ; comme si c'était une
loi divine de sauvegarde contre l'orgueil humain que les plus
grands esprits dussent montrer parfois la plus grand faiblesse !

    C'est Georget qui, le premier, a nettement placé le siège
 de la folie dans le cerveau , répétant en cela Gall, qui lui-
 même répétait Hippocrale. Mais, de plus que l'ancienne, la
 doctrine moderne s'appuyait sur l'expérience.
    M. Flourens fait observer avec raison qu'il ne s'agit ici que
 d'une doctrine physiologique ; la philosophie était allée plus
 vite, et elle était déjà d'accord , en cela avec le langage, qui
 de tout temps a appelé un fou une tête perdue, un écervelé, etc.
    C'est donc de Georget que date l'étude physiologique de la
 folie. Il est seulement fâcheux pour lui qu'en important dans
cette étude la découverte de Gall, il ait voulu y importer de
même toutes les inventions de son nouveau maître. L'une ce-
 pendant n'y pouvait servir de passeport aux autres.
    Du reste, Georget, qui écrivait en 1820 , ne s'est point
douté des distinctions anatomiques du cerveau ; il localise la
folie dans le cerveau pris en masse.
   Il appartenait à M. Flourens de resserrer encore le centre
proprement dit de l'intelligence , et par conséquent le siège
de la folie qui l'affecte.
   Les expériences de ce savant, publiées en 1822, consta-
tent, en effet, trois parties essentiellement distinctes dans la
masse de Y encéphale, à savoir : la moelle alongée , siège du
principe de la vie ; le cervelet, siège du principe qui coor-
donne les mouvements de locomotion ; et enfin les lobes ou
hémisphères cérébraux, ou cerveau proprement dit, siège et
siège exclusif de l'intelligence.
   Ces belles expériences qui expliquent si bien les phéno-