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47/ lui furent donnés dans une ville féconde, sans doute dès lors, en res- sources de ce genre. Mais Dion nous apprend qu'il y assista à des combats de gladiateurs, lesquels, peut-être, eurent lieu en son hon- heur(l). Cet historien rappelle aussi en cet endroit qu'on le vit as- sister à de semblables spectacles à Crémone, lorsqu'il visita le champ de bataille de Bédriac (2), comme s'il n'en avait pas assez, dit-il, du sang qui avait coulé dans les combats, et de tant de cadavres lais- sés sans sépulture (3). Ce fut à Lyon, suivant toute apparence, que la couronne de laurier, dont le nouvel empereur avait ceint son front, tomba dans l'eau et fut emportée par le courant ; événement bien minime, sans doute, mais auquel la superstition du temps attacha de l'importance. Suétone, qui l'a recueilli avec d'autres pronostics de même nature, nous autorise à penser qu'il eut lieu dans notre ville, lorsqu'il raconte, immédiatement après, que Vitellius vint à Vienne, où il rencontra un autre augure : Et laurea, quant, reli- giosissime circumdederat, in profluentem excidit. Mox Viennœ pro iribunali jura reddenti gallinaceus supra humerum, ac deinde in capite adstitit. Quibus ostentispar respondit exitus etc. (4). Nous venons d'apprendre de Tacite qu'une haine déjà ancienne divisait la colonie de Lyon et celle de Vienne : Veterem inter Lugdummes Viennensesque discordiam , etc. ; et cependant ces deux villes avaient entre elles un lien fort respecté ordinairement chez les anciens ; car Dion Cassius nous apprend que les premiers habitants de Lugdunum, avant l'établissement formé par Munatius Plancus, avaient été des Viennois expulsésdeleurpatrieparuneirrup- tion des Allobroges, et qui s'étaient réfugiés au confluent do nos deux rivières (5). Suivant Colonia, cette origine même aurait été la cause (1) Hist. rom. LXV, 734. (2) Tacit., Hist. II, 67, 70. (5) C'est dans celle circonstance que Suétone fait proférer à Vitellius {Vitell. X) celle horrible maxime, que «le corps d'un ennemi mortsent toujours bon, et surtout celui d'un citoyen : » Ulque campos, in quibus pugnatum est, adiit, abhorrentes quosdam cadavernm tabern delestabili voce confirmare ausus est : optime olerc occisum hostem, et melius civem. (i) Vitell. IX. (3) Hist. rom. XIA'I, 523.