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 lui furent donnés dans une ville féconde, sans doute dès lors, en res-
 sources de ce genre. Mais Dion nous apprend qu'il y assista à des
combats de gladiateurs, lesquels, peut-être, eurent lieu en son hon-
 heur(l). Cet historien rappelle aussi en cet endroit qu'on le vit as-
sister à de semblables spectacles à Crémone, lorsqu'il visita le champ
de bataille de Bédriac (2), comme s'il n'en avait pas assez, dit-il, du
 sang qui avait coulé dans les combats, et de tant de cadavres lais-
sés sans sépulture (3). Ce fut à Lyon, suivant toute apparence, que
la couronne de laurier, dont le nouvel empereur avait ceint son front,
tomba dans l'eau et fut emportée par le courant ; événement bien
 minime, sans doute, mais auquel la superstition du temps attacha
de l'importance. Suétone, qui l'a recueilli avec d'autres pronostics
de même nature, nous autorise à penser qu'il eut lieu dans notre
ville, lorsqu'il raconte, immédiatement après, que Vitellius vint à
Vienne, où il rencontra un autre augure : Et laurea, quant, reli-
giosissime circumdederat, in profluentem excidit. Mox Viennœ pro
iribunali jura reddenti gallinaceus supra humerum, ac deinde in
capite adstitit. Quibus ostentispar respondit exitus etc. (4).
    Nous venons d'apprendre de Tacite qu'une haine déjà ancienne
 divisait la colonie de Lyon et celle de Vienne : Veterem inter
Lugdummes Viennensesque discordiam , etc. ; et cependant ces
deux villes avaient entre elles un lien fort respecté ordinairement
 chez les anciens ; car Dion Cassius nous apprend que les premiers
 habitants de Lugdunum, avant l'établissement formé par Munatius
 Plancus, avaient été des Viennois expulsésdeleurpatrieparuneirrup-
 tion des Allobroges, et qui s'étaient réfugiés au confluent do nos deux
 rivières (5). Suivant Colonia, cette origine même aurait été la cause
   (1) Hist. rom. LXV, 734.
   (2) Tacit., Hist. II, 67, 70.
   (5) C'est dans celle circonstance que Suétone fait proférer à Vitellius
{Vitell. X) celle horrible maxime, que «le corps d'un ennemi mortsent toujours
bon, et surtout celui d'un citoyen : » Ulque campos, in quibus pugnatum est,
adiit, abhorrentes quosdam cadavernm tabern delestabili voce confirmare ausus
est : optime olerc occisum hostem, et melius civem.
   (i) Vitell. IX.
   (3) Hist. rom. XIA'I, 523.