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8 vains, comme les monuments de l'antiquité, nous montrent-ils des femmes parmi les personnes employées, à ce travail sédentaire et non pénible (1). Le commerce des bibliopoles était bien moins considérable que ne l'est aujourd'hui celui des libraires : c'est un fait qui ressort évi- demment de l'ensemble des données qui nous sont venues des anciens. Mais il ne suppose point, comme on pourrait être tenté de le croire, que la culture des lettres fût moins répandue alors qu'elle ne l'est de nos jours : je serais porté à penser le contraire, et il me semble que je pourrais appuyer cette opinion sur des preuves certaines. Cet état plus restreint du commerce des livres provenait plutôt de ce qu'on était moins possédé de la manie d'écrire, et surtout de ce que les livres, chez les anciens, ne pouvant se reproduire avec cette faci- lité et cette promptitude que nous devons à la presse, avaient néces- sairement un prix vénal beaucoup plus élevé, qui n'était pas à la por- tée de tout le monde (2). Ce genre de négoce, toutefois, était parvenu à Rome à un degré de développement assez remarquable, comme on peut en juger d'après quelques détails intéressants, mais peu nombreux, peu étendus, sou- vent purement allusifs, que nous trouvons chez les écrivains latins, lorsqu'ils ont eu accidentellement besoin d'en parler ; car il n'existe rien de suivi sur cette matière. Nous leur devons d'abord l'indi- (1) On connaît un grand nombre d'inscriptions où cette profession se voit mentionnée: je me contente de renvoyer à Muratori, IYoi>. Thés., tom. Il, p. CMXLVIII. 5.—Fabretti, Inscripti domesl., p. 214, 541-548.—Spon, M- scell. erud. antiq., p. 215, etc. Nous avons au Musée ( n° XLIV ) l'épitaphe d'un LIBRARIYS de la XXXe légion; mais cet emploi militaire était toute autre chose. (2) Rien, ce me semble, ne nous indique chez les anciens l'existence de ce que nous appelons des cabinets littéraires ; établissements qui forment parmi nous un grand débouché pour le commerce de la librairie, et sont la ressource unique de la classe inférieure lorsqu'elle veut lire, ce qui n'a pas toujours lieu pour son plus grand avantage. Seulement nous apprenons de Sénèque (De tranquil. animi 9) qu'il y avait des bibliothèques dans les bains publics.