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                                 S12
   Dans la première , c'est la peinture d'un amour qui se dénoue
brusquement par la mort; elle offre des scènes d'un intérêt tou-
jour croissant. C'est la partie sentimeotale : elle s'adresse à tous
les cœurs et surtout à ceux qui aiment ou qui ont aimé. Nous si-
gnalons le Rêve, qui attache et se fait lire avec intérêt, même
après la belle méditation du Crucifix, par Lamartine, h'Absence,
le Convoi funèbre, Une Fille du ciel, Son arae., qui révèlent un vé-
ritable talent. Pour justifier pleinement notre opinion, nous ne
saurions mieux faire que de citer quelques strophes. Les voici :
 Elles feront aimer leur auteur.

          Ami! tu veux savoir pourquoi, si jeune encore,
          Je courbe, sous le poids du chagrin qui dévore ,
          Un front avant le temps de rides sillonné;
          Tu t'étonnes qu'à l'âge où s'ouvrant à la joie,
          En des torrents d'amour l'ame nage et se noie,
          D'une éternelle nuit je reste environné.
          « Le ruisseau, me dis-tu, qui court dans la prairie,
          Qu'importe s'il entraîne une feuille flétrie,
          Ou si le vent jaloux trouble son sein d'azur?
          Le vent fuit, le soleil enfin perce la nue,
          Et voilà sur ses bords l'abeille revenue ,
          Et le ciel reparaît riant dans son flot pur. »
          Toi pour qui le destin, toujours doux et propice,
          Prodigue ses trésors, et de roses tapisse
          Le chemin de la vie où mes yeux ont glissé,
          Hélas! tu ne sais pas qu'en effleurant notre ame,
          Le soiiflle du malheur, impétueuse flamme,
          La laisse comme un champ où l'hiver a passé.
          C'est en vain qu'à travers son voile qu'il déchire,
          Le ciel revient plus tard briller et lui sourire,
          Et ramène la brise absente trop long-temps;
          Desséchée en sa fleur et brûlée en son germe,
          Aux larmes, aux rayons qu'il verse, elle se ferme,
          Et pour elle ici-bas il n'est plus de printemps.
          Vois au bord du chemin qui conduit au village,
          Cet arbre dont la poudre a blanchi le feuillage :
          Là, depuis qu'une main qui n'est plus l'a planté,
          En butte à tous les vents qui croisent dans la plaine,