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442 SOCIÉTÉS SAVANTES
A Savigny-en-Lyonnais, il existait une belle église du xi<= siècle,
bâtie par des architectes clunisiens, Elle fut détruite au moment de la
Révolution ; mais M. Thiollier a pu recueillir un certain nombre de
chapiteaux, de modillons et d'ornements échappés à la démolition de
l'édifice. Ces curieux débris devraient être déposés au musée de Lyon,
au lieu d'être exposés à toutes les intempéries. Un morceau de sculp-
ture, particulièrement intéressant et provenant de Savigny, est signalé
par l'auteur ; c'est un linteau du xn e siècle, orné de la représentation
de la Cène. Un lion d'un grand caractère, qui serait digne de figurer au
musée du Trocadéro, se trouve également à Savigny encastré au-
dessus d'une porte moderne. Enfin, M. Thiollier signale une belle série
de modillons romans, provenant de l'ancienne église de l'Ile-Barbe et
qui se trouvent dans une propriété particulière.
Le Congrès exprime le vœu que le musée de Lyon recueille les
intéressants débris de l'art roman découverts par M. Thiollier Ã
Savigny et dans l'Ile-Barbe et félicite l'auteur de ses recherches persé-
vérantes.
M. Edmond Le Blant, président de la section, donne lecture d'une
note de M. Cornillon, conservateur du musée de Vienne (Isère), qui
rend compte de la découverte du pavage de l'ancienne voie Domitienne
qui conduisait d'Arles à Lyon. Cette voie est formée de blocs de granit,
taillés en polygones irréguliers et qui se trouvent à i m ,8o en contre-
bas du sol actuel d'une route moderne.
M. Reymond, correspondant du Ministère à Grenoble, étudie la
crypte de Saint-Laurent de Grenoble. A son avis, cette crypte n'a pas
été toujours une chapelle souterraine, mais elle devait former, à l'ori-
gine, un édicule isolé. La hauteur des voûtes, l'inégalité du niveau du
cul-de-four les absidioles semblent prouver que cette crypte était pri-
mitivement un petit oratoire, dont le type est emprunté aux chapelles
des catacombes de Rome.
Le plan de la crypte de Saint-Laurent est identique à celui des cha-
pelles de Saint-Sixte et de Saint-Soter à Rome. Mais à quelle date
faut-il attribuer cet édicule? En s'appuyant sur la décoration des abaques,
sur l'ornemeutation des chapiteaux, sur le dessin des croix, qui décorent
les tailloirs, M. Reymond croit pouvoir faire remonter sa construction
au vie siècle. Il signale l'analogie des chapiteaux avec ceux de la basi-
lique de Tebessa et de la crypte de Jouarre.