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BIBLIOGRAPHIE 437
bités (jardins et villas), beaucoup plus considérables aujourd'hui qu'ils
ne l'étaient alors, de la décadence commerciale et industrielle de cette
partie de notre ville, nous croyons qu'il est permis d'attribuer à la
ville romaine un nombre plus considérable d'habitants, soit 60,000 en
chiffres ronds. En en ajoutant 10,000 pour le chef-lieu de Condate et
les autres habitations extra-muros ou gauloises proprement dites, nous
arrivons à 70,000, chiffre qui tient le milieu entre les évaluations
extrêmes admises jusqu'à ce jour : 30.000 par M. Terme, 80,000 Ã
100,000 environ par MM. Allmer et Dissard. Dans ses calculs relatifs Ã
la quantité d'eau que les deux grands aqueducs conduisaient à la ville
romaine seule, M. Gabut semble s'être arrêté au même chiffre de
60,000 habitants, auquel nous sommes arrivés par une toute autre
voie. />
M le docteur Mollière a dépouillé 442 inscriptions funéraires trouvées
à Lyon ; sur ce nombre 166 seulement portaient l'indication de l'âge
du défunt ; elles se décomposent ainsi :
72 hommes, durée moyenne de la vie, 31 ans.
65 femmes, — — 30 ans.
29 enfants, — — 6 ans.
Durée moyenne de la vie en général, 166 individus, 27 ans ; 31 pour
les adultes.
Si l'on se reporte à la durée de la vie moyenne en France, d'après
M. de Foville, on trouve qu'elle serait de 40 ans pour les hommes et
de 43 ans pour les femmes, pendant la période de 1877 à 1881. A
Lyon, d'après le bureau de statistique de l'Hôtel de Ville, la moyenne
de la vie pour les deux sexes reunis a été de 37 ans pour 1882 ; 4.1 ans
pour 1889; elle retombe à 39 ans en 1890, sans doute à cause de Fin-
fluenza.
Il résulte de ceci, que la vie était moins longue à l'époque des Gallo-
romains que de nos jours ; M. Mollière attribue cette différence à des
effets climatériques.
« Le climat des Gaules, nous dit-il, au moment de la conquête
romaine, était infiniment plus rigoureux que de nos jours ; il ne sau-
rait y avoir de doutes à cet égard. César insiste à maintes reprises sur
l'intempérie des saisons, la précocité de l'hiver, les froids insuppor-
tables, la fureur des tempêtes. Diodore de Sicile ajoute que toutes les
rivières navigables de la Gaule gelaient aisément II en était de même
pour la Germanie, et Hérodien nous dit que le Rhin et le Danube
N° 6, — Juin 1892 ^Q