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                L'ANCIENNE DOUANE DE LYON                  399

    Cette extrême pénurie d'affaires explique pourquoi les
audiences qui, aux termes de i'Édit de 1563 devaient se
tenir deux fois par semaine, le lundi et le jeudi, étaient
devenues au milieu du xvni c siècle, irrégulières et pour
ainsi dire facultatives. On lit dans les Almanachs Lyonnais
de cette époque : « Il n'y a point de séances réglées; les
« juges sont avertis de s'y rendre lorsqu'il se présente des
 « causes ou affaires à juger. » Plus tard, il paraît que le
rôle fut un peu plus chargé. Une ordonnance royale du
 11 mai 1775 a fixé à deux par mois, la tenue des audiences
de la juridiction de la Douane (36).
   Telle était dans ses principaux organes cette vieille insti-
tution,, disparue depuis un siècle, de la Douane de Lyon.
Quelques-uns trouveront peut-être qu'il ne valait pas la
peine de la tirer de l'oubli et nos modernes économistes
pourront sourire au récit d'une organisation qui mécon-
naissait à ce point les principes les plus essentiels de la
science qu'ils ont créée. Il y a dans le passé beaucoup de
choses comme celle-là, qui ne trouvent pas grâce devant
eux, et que pour ne pas avoir à les condamner, ils préfèrent
ignorer.
   La vérité est que ces vieilles institutions aujourd'hui tant
dédaignées étaient peut-être mieux d'accord que nous ne
pouvons en juger, avec un état 'social'"qui a entièrement
disparu; que les barrières les plus infranchissables qui
séparaient les peuples de la vieille Europe n'étaient pas des
droits de Douane mal combinés ; que les vrais obstacles
qui gênaient l'expansion du commerce dans l'ancienne
France étaient plutôt la difficulté et la lenteur des com-
munications, la simplicité des moeurs, la rareté des capitaux.


  (36) Almanach 1777.