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                AU CHATEAU DE PONT-D'AIN                      119

également du cœur et de la bonté de Marguerite une preuve
de plus encore.
  Nous lisons en effet dans le compte de Hugues de
Laforêt (12), le détail suivant :

   Un nommé Humbert Boissier, qui avait un moulin à
Pont-d'Ain, était décédé, laissant une veuve et des enfants
en bas âge dans la misère. Ces derniers s'adressèrent à
Marguerite pour la supplier de les exempter des redevances
auxquelles elle avait droit sur ses moulins.
   Marguerite donne le 30 juin 1520, à Bruxelles, l'ordre,
à son châtelain Hugues de Laforêt, de surseoir indéfini-
ment à la perception de ses redevances échues et à échoir.
   Cette lettre est entièrement reproduite aux Preuves de
cette étude.
   Elle étend sa main compatissante sur la veuve suppliante
et ses enfants (Viduam supplicantem ejus ve lïberos). Elle
fait défense au châtelain de les poursuivre sous peine de
cent livres fortes d'amende (Tibi per has expresse inhibemus
et sub pena centum librarum fortium).
   Voilà une belle page de son histoire qu'il était bon de
faire connaître.

  « Mais déjà le soir de la vie arrivait, Marguerite avait
« mis chaque chose à sa place (13). »
  Elle comptait finir ses jours au couvent des Annonciades
de Bruges et elle annonçait cette intention dans une lettre
qu'elle écrivait alors à la supérieure de cet ordre:


  (12) Extrait de l'inventaire des archives de la Côte-d'Or, n° B.
9148.
  (13) Edgard Quinet, Brou.