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112                MARGUERITE D'AUTRICHE

«   ladite Esglise Nostre Dame, et à cela ha respondu madite
«   dame, jettant grosses larmes, vous dites vray, et est le plus
«   grand regret que ie puisse avoir. Mais quand ainsi se ferait
«   que vous dites, le vœu ne seroit accomply, ce que à
«   l'ayde de Dieu ie feray faire. »
   Paradin ajoute ce passage suivant si important, qui nous
fait en quelque sorte assister à ces entrevues au château du
Pont-d'Ain :
  « Furent icelles remonstrances etresponses eserites sans
« y rien oster et n'y adiouster, par un fidèle serviteur de la
« maison qui se trouva présent, quand Ion s'efforçoit de la
« desmouvoir de cette entreprinse. »
  Marguerite vécut à Pont-d'Ain encore pendant quatre ans
après la mort de son mari. Pendant ce laps de tçmps, elle
ne fit qu'une courte absence pour réclamer son douaire qui
avait été fixé à une rente annuelle de douze mille écus d'or.
  C'est alors que pendant son absence, Jean Lemaire ima-
gina d'adresser à Marguerite une poésie intitulée : Les
Espistres de l'Amant vert.
  Il s'agissait d'un perroquet qui ayant appartenu à Marie
de Bourgogne était devenu le favori de sa fille Marguerite.
   Lemaire fait adresser par cet Amant vert des plaintes et
des regrets à sa maîtresse.
   C'était un prélude en quelque sorte du Vert-Vert de
Gresset

      Voici ce qu'il dit, notamment de Pont-d'Ain :

            « Ha ! h Pont-d'Ain, que tu fusses péry !
            « Lieu exécrable, anathématisé,
            « Mal feu finist estre en tes tours attisé »