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           J.-J. ROUSSEAU ET MADEMOISELLE SERRE                    él

pour atteler plusieurs amants de front : « Tous ceux qui
l'aimaient s'aimaient entre eux », soupire le philosophe
qui regrette son bonheur à trois ; plus simplement, le
chansonnier nous dit :
                    Je ne suis point jaloux,
                    Nous nous arrangions tous.

   Pour finir, j'ajoute, à la décharge des deux héroïnes,
qu'elles se montrent également désintéressées, donnant à
leurs élus le souper et le gîte, en même temps qu'elles
accordent le reste.

                                  *
                                 **

  La beauté chez les femmes, comme toute chose dans la
création, a des phases diverses. Jean-Jacques est de ceux
sur qui la femme en sa maturité exerce davantage d'attrait. ""
Ses souvenirs, cependant, se sont attardés avec complai-
sance sur plus d'un nom de jeune fille : tel celui de
Mile Suzanne Serre.
  C'est en 1731 qu'il vit, pour la première fois, la jeune *-"
Lyonnaise au parloir de l'abbaye des Chazeaux, en allant
rendre visite à MIle du Châtelet. Il lui donne alors quatorze
ans, ce qui dénoterait une nature singulièrement précoce,
puisque Suzanne en avait onze, ainsi que l'établit son acte „,
de baptême :

  Susanne, fille légitime du sieur Michel Serre, marchand à Lion et de
demoiselle (1) Susanne Armand son épouse, née le vingt-deuxième du
mois présent (mars 1720), a été baptisée par nous soussigné, prêtre



  (1) Les bourgeoises, même mariées, étaient toujours qualifiées de
demoiselles.