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262 LE THEATRE A LYON Le gastronome émérite, le futur auteur de YAlmanach des Gourmands ne pouvait oublier la table. C'est avec con- viction qu'il poursuit : « L'éclat de la garde-robe ne nuit point à la solidité de la cuisine. Les ta- bles sont servies avec abondance et délicatesse, les maîtres en font les honneurs avec plaisir, les femmes avec grâce ; et l'on voit, à la gaîté qui y règne, que ce plaisir n'est point factice et que cette grâce n'est pas étudiée. » « Le souper paraît être ici le repas le plus agréable ; toutes les affaires étant finies avec le jour, chacun se livre plus volontiers à la joie de se retrouver ensemble. D'ailleurs, la lumière inspire une certaine ivresse, que le soleil le plus brillant ne produit jamais... J'ai assisté à quelques- uns de ces soupers, et je vous avoue que je les préfère aux plus brillants de la capitale. Il y règne une aisance, une aménité, un ton de bonho- mie qui n'exclut ni les grâces, ni la saillie, ni même l'épigramme ; mais son tranchant est émoussé par la gaîté... » die, loue tant pour les Bals du Théâtre que pour ceux de la Ville, de très-beaux dominos et habits de caractère. Il vend des gants et des masques ; on le trouvera tous les jours chez le sieur Garnier, près de la Comédie, au Café d'Apollon (Affiches de Lyon, 1761 et 1763). » La vogue de la martre zibeline, de l'hermine, du petit gris, du loup cervier, de la loutre, est indiquée dans les Etrennes fourrées dédiées aux jeunes frileuses. (Genève, 1770). Voici de curieux détails sur les cos- tumes d'hommes : « Le sieur Rey, maître tailleur, fournit l'habit complet de velours ras à 3 poils, doublé de soie, à 250 liv.; l'habit de velours à la Reine, doublé de soie, 165 liv.; le surtout complet de drap de Silésie, doublé en coton, 60 livres. L'habit de camelot poil, doublé de soie, à boutons et jartières d'argent, 120 livres. L'habit de Péruvienne, complet, dou- blé de soie,130 liv.Le surtout de camelot mi-soie,complet, doublé entoile de coton, 53 liv.; le surtout complet de camelot écarlate, doublé de toile blanche, 42 liv.; veste à ecirsakas, en dorure et nuances, doublée en toile de coton, 30 livres ; veste de coton, en dorure et nuances, dou- blée de toile, 12 liv.; redingote à YEcuyère, veste et culotte, de camelot mi-soie, galonnées d'argent avec les jartières de même, 70 livres. — Pour la livrée, surtout, veste et culotte de Maroc croisé, doublés de toile, sans les boutons, 38 livres (Affiches de Lyon, 19 avril 1761). »