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Il8 UN INCUNABLE
dit, en effet: « 1501 — apparuit his diebus Lugduni
in Gallia, homo, natione italus, nomine Johannes, qui
se Mercurium malluit appellari » puis il ajoute : « Ali-
quanto tempore apud regem Gallorum in precio fuit »
Ce roi était Louis XII, puisque Louis XI était décédé en
1483.
M. le docteur Desbarreaux-Bernard s'est aussi posé cette
question : « Selon Delandine, dit ce "savant bibliographe,
Jean Mercure parut à Lyon en 1478 n'y demeura que
quelques mois, et disparut tout à coup, sans qu'on pût sa-
voir ce qu'il était devenu » Pour nous, qui connaissons
maintenant l'œuvre de Jean Mercure, et qui savons qu'elle
a été imprimée à Lyon, le 26 mai 15 01, il est bien évident
que le biographe lyonnais n'était pas bien fixé sur les faits
et gestes du personnage qu'il nous fait connaître.
« Il est bien évident aussi que, d'après cette date, le roi
Louis, le Ludovicus auquel Mercure prodigua, Ã chaque
page, les éloges les plus emphatiques, ne peut être que
Louis XII, d'où Ton pourrait conclure que ledit Mercure,
arrivé à Lyon en 1478, y était encore en 1501, puisqu'il y
faisait imprimer : « Jussu il mandato magnifia domini Joan-
nis Mercurii, » ce que nous appelons ses Lamentations. Il
aurait donc séjourné au moins vingt-trois ans à Lyon, ce
qui détruirait complètement l'assertion de Delandine.
« Nous l'avouerons pourtant, cette conséquence ne nous
satisfait nullement. Un passage de ce livre a mis le doute
dans notre esprit. Ce passage le voici : Jean Mercure, s'a-
dressant au Roi très-chrétien, se qualifie ainsi : « Et chrislia-
nissime atque imperatore mçtjestatis tue, ferventi vaii luo, Joanni
Mercurio.... » Connaissant les rapports intimes qui, d'après
Delandine, ont existé entre Louis XI et Jean Mercure, ce
langage n'a rien de bien extraordinaire, mais le Vaïi tuo
adressé à Louis XII devient alors fort problématique, quoi-