Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                     SUR CLAUDE MERMET                       73

étant mort en 1810, cette planche n'est pas de lui. Per-
sonne, en la voyant, n'a hésité à l'attribuer au célèbre gra-
veur lyonnais et cette date a toujours été un mystère qu'il
 a fallu expliquer.
    Si M. de Boissieu du Tiret eût suivi cette carrière des
 arts, dans laquelle il se montrait déjà si habile, nul doute
 qu'il n'eût ajouté à la gloire du beau nom qu'il portait.
    Il préféra vivre pour ses enfants et son pays, élever
sa nombreuse famille que l'exemple paternel a guidée dans
le devoir et qui jouit de la plus haute estime. Environné
lui-même de considération, tout à l'administration de ses
propriétés, homme simple, austère et bon, il fut pendant
vingt ans maire d'Ambérieu-en-Bugey, où les habitants
ont conservé de lui le plus respectueux souvenir, et pen-
dant quinze ans membre du Conseil général, place dans
laquelle il fit paraître l'intelligence la plus élevée et le dé-
vouement le plus absolu.
   Ce fut lui qui, lié avec M. Augerd, voulut graver les
planches de cet herbier dont la publication les eût illus-
trés tous deux.
   Grâce au savoir et à l'habileté des deux collaborateurs,
la spéculation avait un plein succès quand la faillite de
l'éditeur, un libraire lyonnais qu'il est inutile de nommer
ici, vint arrêter les travaux, décourager les deux amis et
les priver d'une gloire et d'un bénéfice assurés.
   M. Victor de Boissieu renonça, dès lors, à la gravure
comme travail sérieux.
   Nous remercions M. Dominique de Boissieu de nous
avoir mis à même de divulguer un fait peu connu et en
même temps d'avoir pu rendre la justice qu'il méritait à
son si vénéré père.

                                 AIMÉ     VINGTRINIER.