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                   LES CHASSEURS DE RENNES.              311

  nous révèle, et quelque embarassant que cela puisse être
  au premier abord, il faut en tenir compte.
     En somme, ma découverte avait, paraît-il, de l'intérêt
  et venait confirmer d'autres trouvailles mises en lumière
  dans ces dernières années par des hommes de génie et
  de talent, les Boucher de Perthes, les Lartet, etc., par
 vous enfin, cher et illustre ami. On n'en peut plus douter,
 l'homme est plus vieux qu'on ne pensait. Il a vécu en Eu-
 rope à des époques mystérieuses qui précédèrent les ho-
 rizons de l'histoire et fut le contemporain des grands ani-
 maux antédiluviens dont le souvenir s'est perdu depuis.
 Contrairement à l'opinion des chefs très-respectables d'ail-
 leursde la vieille école géologique et de l'immortel Cuvier
 en particulier, il fut le témoin des derniers grands change-
 ments survenus, soit dans les climats, soit dans la géogra-
phie de l'Europe. L'homme fossile n'est donc plus une
chimère, depuis surtout que M. l'abbé Bourgeois nous a
révélé l'homme tertiaire, l'homme miocène. Enfin, la
première émotion causée par ces étonnants résultats est
déjà calmée, et un savant prélat français, Mgr Meignan,
évêque de Châlons-sur-Marne a, dans un livre récent,
tenté de démontrer leur parfait accord avec les récits
mosaïques.
   Solutré venait de nous faire connaître quelques phases
de cet antique passé. A ce compte, il valait la peine d'y
apporter un examen sérieux.
   Il fut donc convenu que je laisserais au Dr Ogier mes
débris d'ossements pour les étudier. Il m'invita à revenir
dans huit jours pour connaître le résultat de son travail,
et nous fîmes le projet d'aller, s'il y avait lieu, explorer
ensemble la localité.
  Avant de le quitter, je lui racontai mon rêve.
  Il m'écouta avec recueillement et me dit :