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UNE VISITE AU THÉÂTRE ROMAIN 161 haut en bas toute la cavea, et c'est à cause de cette faci- lité de circulation que l'empereur Claude, étant monté au sommet du théâtre de Pompée, en redescendit au milieu des assistants, qui restèrent assis, per rnediam caveam, cunctis sedentibus. (Suet. In Claud., 21.) Cette expression de cunctis sedentibus n'aurait pu s'appliquer à toutes les époques ; en effet, dans les temps antérieurs, les specta- teurs restaient debout pendant le spectacle, ce qui expli- que ce passage de Valère Maxime : Remissioni animorum juncta standi virilitas, La force de rester droit se joignait au délassement de l'esprit. (2, 4, 1.) Au fait, il en était de mêmechez nous, et jusqu'à l'ouverture du théâtre ac- tuel, en 1831, les habitués du parterre n'avaient point de bancs et demeuraient debout tout le temps du spectacle. Dans le principe, les théâtres romains furent construits en bois, et il est à présumer que la place réservée aux spectateurs constituait une pente douce, ne s'élevant pas très-haut, car sans cela la solidité de l'édifice eût été com- promise. Le théâtre temporaire de l'édile Scaurus, et sur lequel l'histoire nous donne des détails qui attestent une magnificence exceptionnelle, avait été construit en bois et pouvait contenir quatre-vingt mille spectateurs ; ce qui indique, il est vrai, une grande immensité ; mais aussi ce théâtre est signalé comme une œuvre extraordi- naire. Le premier théâtre en pierre fut élevé par Pompée, et il fournissait quarante mille places, ce que Pline re- gardait comme bien suffisant pour la population de cette époque, (xxxvi, 24.) On a contesté ce nombre de 40,000 •' Canina, dans ses Cenni storici sul teatro di Pompeo porte le chiffre à seulement 27,580 , d'après des mesures prises sur les lieux, et il attribue aux copistes cette erreur de chiffres. Voici quelle fut à Rome la première origine du théâtre : H