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204 ÉTUDE HISTORIQUE une lettre écrite par lui, le 18 octobre 1419, aux habi- tants de Chà teauneuf, il les engage fortement à ne r e - connaître, après son décès, aucun autre seigneur que la dame d'Hareourt, à laquelle il avait fait donation dudit lieu. Ils ne devaient donc permettre à personne d'y met- tre garnison, et, dans le cas où le seigneur de la Roche, son neveu, se présenterait, on devait lui fermer les portes de la forteresse (1). Cette lettre nous révèle, ainsi que d'autres documents (2;, que Philippe de Lévis , seigneur de la Roche en Ré- gnier et neveu d'Humbert VII, élevait des prétentions à la succession du sire de Villars , même du vivant de ce dernier. Mais il est certain que la donation faite à Isa- beau d'Hareourt reçut sa complète exécution, et qu'elle posséda paisiblement jusqu'à sa mort Roussillon, Aimo- nay, Riverie, Dargoire et Chà teauneuf, dont elle disposa directement par son testament. Si Isabeau éprouva quelques difficultés, ce fut de la part des gens du roi. A cette époque, ces derniers avaient de grandes tendances à restreindre les droits de juridic- tion des seigneurs. Mais leur zèle les entraînait quelque- fois dans l'arbitraire. De nombreuses malversations fu- rent commises ainsi, même pour des cas non royaux, par (1) Archives du Rhône, Esther, f 138. (2) Notamment un acte du 6 novembre 1419, par lequel Philippe de Lévis, seigneur de la Roche-en-Régnier, donne à Antoine de Lévis. son fils, les terres de Roussillon, de Riverie et d'Annonay, qui lui appar- tenaient, porte ce document, par le trespas de Hymbert de Villars, père de Alie'norde Villars. mère dudit seigneur de la Roche. (Chaverondier- Inventaire des titres du comté de Fores, n° 1233). Mais les énoncia- tions de ee titre sont inexactes. Humbert VI ne fut jamais en possession des terres de Roussillon, Annonay et Riverie, qui furent léguées à Humbert VII, par sa première épouse, Alix de Roussillon.