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                  UN MARIAGE SOUS LES TROPIQUES.                       77

 ment jusqu'à moi. Voyons, général, que comptez-vous
faire ?
   — L'usage en Amérique, mon cher monsieur, répliqua
M. Fleming- avec un sourire indéfinissable, est de ne don-
ner aucune dot. Les prétendants savent d'avance à quoi
s'en tenir. Nous n'emportons rien au ciel, mais sur cette
terre nous fournissons à nos enfants le vivre et le couvert,
rien de plus. Si la fiancée est jolie elle ne manque pas
d'adorateurs ; si elle est laide t'est un peu plus difficile
mais les épouseurs calculent l'âge des parents et les laide-
rons finissent par se caser aussi. Je pourrais donc m'en
tenir aux coutumes de ma patrie adoptive et je n'y man-
querais pas si j'avais affaire à quelque galant du pays.
Avec un Européen c'est autre chose, et je ne demande pas
mieux que d'entrer dans vos vues. Je donnerai à Hermi-
nia l'hacienda de laBurla, qui ne rend qu'une bagatelle —
cent vingt piastres par an — mais qui peut devenir pro-
ductive en s'en occupant. J'y ajouterai les terrains de!
Puente Roto, qui n'ont aucune valeur aujourd'hui mais qui
renferment une fortune pour qui saura l'y chercher. La
coca y vient à l'état sauvage, et sa consommation est telle
qu'en cinq ou six ans des plantations bien faites peuvent
rapporter annuellement quatre vingt mille piastres (1). En
attendant, comme je comprends les nécessités d'un com-
mencement d'établissement, je vous promets et je m'en-
gage en bon père de famille à y faire bâtir, dès cette année,
un moulin qui dans six à huit mois sera en activité et qui
rapportera au minimum mille piastres par an. Avec quel-
ques soins à la Burla et le moulin, ces enfants pourront


  (1) On connaît l'usage que les Indiens des )>cux Pérou font de !a coca.
Us mâchent constamment la feuille séchée de cet arbrisseau, dont la cul-
ture donne des profits considérables.