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I14 POÉSfF.. Avait de quelque espoir mélangé s-a douleur ! Si des pleurs mouillaient sa paupière ! Si son œil n'était pas de pierre ! Mais non, rien, il est là toujours, toujours assis Sur le tombeau du Médieis ! Et depuis trois cents ans qu'il est à cette place, L'immobile chagrin de ce marbre penseur Fait tressaillir le spectateur : Il dure, et cependant, autour de lui, tout passe ! Que l'on ne cherche plus dans l'enfer seulement L'éternité du châtiment ! Le génie a cette puissance De river pour toujours un marbre à la souffrance. Michel-Ange, qui t'a sculpté, T'a condamné, soldat, à l'immortalité. Mais soudain regrettant la douleur éternelle Qu'il avait mise en toi, Michel-Ange, glacé d'effroi, N'a pu des Médieis achever la chapelle ! Ludovic de VAUZELLES. EXPILLY ET LE TASSE. Il était là , perdu dans ses noires pensées, Oubliant son génie et ses grandeurs passées ; Parcourant du regard cette étroite prison, Où s'était détourné le flot de sa raison. Halluciné toujours, parfois un peu lucide, Son esprit n'était plus ce grand flambeau splendide Qui jetait tant d'éclat sur Tancrède et Bouillon. Qui du chef des Croisés dressait le pavillon. Sous l'effort des méchants et de la calomnie Le Tasse avait perdu sa plume et son génie, On lisait la démence en ses yeux égarés, Et ses si nobles traits en étaient déparés.