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 32            ÉTUDE Sl'R l.E PATOIS LYONNAIS.

laquelle je serais tenté d'assigner une origine arienne.
Contemporaine et quelque peu consanguine de notre celte,
elle n'aurait pas été sans exercer comme lui une notable
influence sur les dialectes nouveaux, qui lui auraient nor-
tamment emprunté le mode de formation de leurs temps
simples, et principalement leurs temps composés, que ne
possèdent ni le grec, ni le latin.

               DU ROMAN GASCON, OU LANGUE D'Oc.

    Quant au gascon moderne, ou langue d'oc il n'est, à pro-
 prement parler, comme nous venons d'eu avoir un aperçu
 dans le chapitre précédent, qu'une variante du roman ; la
 transition, en quelque sorte, de celui-ci au catalan, qui le
 relie à l'espagnol. A entendre ses chauds partisans, il le
 disputerait en euphonisme à l'italien (1). Pour nous, à qui
 il a été donné de l'entendre dans les localités les plus di-
 verses, et de la bouche même du fameux Jasmin, le Figaro-
 poète agenais, dût nous être réservé le sort de Marsyas,
écorché vif par le trop susceptible Apollon, nous avouons,
malgré toute la grâce et la finesse qu'il s'efforçait de lui
donner, qu'il nous a fait l'impression d'un patois vif, abon-
 dant et disert; mais que, sous le rapport de l'euphonisme
ou de l'émission des sons , il ne nous a point paru du tout
lutter avantageusement avec l'italien. Il est bien vrai que
jadis, lorsque nous étions à cet âge où l'on aime indiffé-
remment les filles majeures et les pommes vertes, nous
l'avons trouvé singulièrement doux dans la bouche des

  (1)    L'amatur del patoucs, amai los Francimans
         Se n'en poden tasta n'en debendran gourmands.
                Aquel climat dcliciou,
                 Ribal d'aquel de l'Italio,
                Ken, per l'effet de sa magio,
               Soun sol en pouelos fecoun.
               I.ou menclrié, lou înttroun
               lixcello dins la pouesio...
                                             IKBAK.