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SUR LE CANTON DE MORNANT. 45
sentence du juge du Viennois en avait mis en possession
Eustache de Mastre, damoiseau. Mais, sur l'appel inter-
jeté par Guillaume, le juge délégué par l'archevêque de
Vienne reconnut les droits incontestables de ce dernier
(30 janvier 1275. n. st.) (1).
Déjà , du vivant de son père, Guillaume avait intenté
un procès à Renaud, comte de Forez, au sujet de la moi-
tié d'un château, dont les documents du temps nous lais-
sent ignorer le nom. Peut-être ce litige se rattachait-il
aux droits de succession que Guillaume de Roussillon
pouvait réclamer au comte de Forez, du chef de sa mère.
Quoi qu'il en soit, ce dernier opposait à son adversaire
qu'il n'était pas tenu de répondre à sa demande, attendu
que le seigneur de Roussillon relevait de l'empire, et ne
tenait aucun fief dans le royaume. C'était là une erreur,
puisque Guillaume possédait, depuis l'année 1258., la sei-
gneurie de Châteauneuf. Aussi un arrêt du Parlement re-
jeta l'exception soulevée par le comte de Forez et décida
qu'il serait passé outre aux débats et qu'en conséquence
le comte serait tenu de plaider avec Guillaume de Rous-
sillon (24 mai 1265) (2). Une transaction vint sans doute
mettre fin à la querelle des deux parties, car, cinq ans plus
tard (1270), le comte Renaud témoignait de son affection
pour son cousin Guillaume de Roussillon, en lui léguant,
dans son testament, une rente annuelle de 200 livres
viennoises (3).
Guillaume testa le 11 août 1275, au moment de partir
pour la Terre-Sainte, où le roi Philippe-le-Hardi l'en-
{]) Huillard-BréhoUês, Inventaire, etc. n° 588.
(2) Les Olim. 1, n» 928. — Huillard-Bréholles, n* 419.
(3) De la Mure. Hisl des ducs de Bourbon, publiée par M. de Chan-
telauze, III. Preuves, p. 6'2.