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                  POÉSIE.



     FRANCE ET ALLEMAGNE.

Un ange éblouissant d'orgueil et de lumière
A pris soudain son vol et quitté le Midi ;
Sa main tient une épée, et l'arme meurtrière
Brille comme un éclair sous ce ciel attiédi.



Sur des flots bleus et purs son aile se balance
Blanche eomme un doux cygne et faisant moins d'effort,
il s'arrête un instant sur la riche Provence,
Et d'un élan nouveau remonte vers le Nord.


Il voit le Rhin superbe, orgueil de l'Allemagne,
Descendant gravement à travers les coteaux,
Semblable à ces vieux rois qui suivaient la campagne
Pour visiter leurs champs, leurs serfs et leurs troupeaux.



Puis, il voit les remparts qui protègent la France,
Triple cordon de forts où veillent nos soldats
Maudissant le repos qui retient leur vaillance
Et d'une voix avide appelant les combats.



César et Constantin ont foulé cette plaine,
Et le sol ébranlé garde leur souvenir ;
Puis, Clovis aecourat, brisa l'aigle romaine,
Et dit : A moi, mes Francs, la Gaule et l'avenir !
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