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424               LA CORRESPONDANCE D'OZANAM.

la où il pouvait faire le plus de bien, marchant où le devoir
l'appelait, restant où le devoir semblait le retenir. Il n'a rien
fait pour lui-même, tout pour les autres ou pour Dieu. Cette
unité du but imprime à ses actions un indéfinissable cachet
de simplicité et de grandeur. En tout il s'oubliait lui-même.
Il ne tenait au succès qu'autant qu'il devait profiter aux idées
qui lui étaient chères. S'il désirait parfois la réputation pour
des motifs plus personnels , c'était pour les siens plus que
 pour lui; c'était, comme il l'a dit dans un admirable passage
 sur le mariage, où il révèle comme a son insu le fond de son
 âme, c'était pour procurer a la compagne de ses jours un
 peu de gloire et de bonheur. Ainsi ce qui est trop ordinaire-
 ment chez nous le résultat de l'amour-propre devenait chez
 ce grand chrétien une conséquence de l'amour d'autrui.
    Cette admirable unité se montre et dans ses études, et dans
 ses principes, et dans son zèle pour les bonnes œuvres.
    Les premières lettres du jeune étudiant, les premiers plans
 de l'écrivain a ses débuts ne sont pas ce qu'il y a de moins
 curieux dans cette correspondance. Les travaux dont on y
 trouve l'esquisse ne sont pas précisément ceux qu'a faits
 M. Ozanam ; mais si un savoir plus vaste, une expérience plus
 mûre lui ont fait choisir d'autres sujets, le professeur, que
 l'Institut était sur le point d'appeler dans ses rangs quand la
 mort l'enleva, n'est pas sorti du cadre tracé par la main du
 jeune homme. La démonstration historique de la vérité du
 christianisme par l'étude profonde des lettres et des institu-
 tions, voila ce qu'Ozanam rêvait à dix-huit ans et ce qu'il a
 fait plus tard» Seulement, au lieu d'un grand travail de mytho-
 logie comparée, auquel il semble songer d'abord, cette pen-
 sée donnera naissance à cette histoire littéraire des temps
 barbares que les souffrances et la mort ne lui ont pas permis
 d'achever. Mais l'idée primitive n'a pas changé.
      Il n'a pas varié davantage dans son attachement inébran-