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320 SAINT MAURICE ET LA LÉGION THÉBÉENNE.
« Le silence des écrivains contemporains ne prouverait
« rien contre la re'alité du fait. D'abord; l'insubordination des
« soldats Thébéeiïs put prendre généralement, aux yeux des
« païens, le caractère d'une simple révolte militaire, ou d'une
« complicité de la soldatesque avec les Bagaudes, événe-
« ments qui n'étaient ni surprenants, ni rares dans ces
« temps de désordre; quant aux historiens chrétiens, ils
« omettent généralement tout ce qui, sous Dioclétien, pré-
« cède la grande persécution. Orose parle même à peine de
« cette dernière, et Eusèbe ne s'occupe guère de l'Occi-
« dent. »
En résumé, croyons avec les témoignages illustres de
saint Eucher et de tant d'autres ; croyons avec la tradition
locale invariable et constante ; croyons avec l'Eglise, qui a
toujours patronné et glorifié le culte de ces saints martyrs ;
croyons avec la critique historique elle-même, dans ses
accents les plus élevés, à l'authenticité de ce drame glorieux
et.lamentable qui sera toujours entouré de la pitié et de la
vénération des siècles.
Maurice SIMOHNET.
entraînés par l'amour de la vie, traversèrent, l'épée à la main, le cercle de
fer qui les environnait, et se réfugièrent dans les montagnes d'où ils ga-
gnèrent la Gaule par des chemins détournés.