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AU XIIe SIÈCLE 371 premier qui inaugura cet asile funéraire fut le fils même du fondateur, un jeune homme du nom de Guichard qu'on ap- porta à son père au moment où il activait les travaux de l'abbaye (1164). Cependant ni Humbert-le-Vieux, enterré à Cluny, ni Humbert-le-Jeune, son fils ne reposèrent dans la tombe où devaient se coucher leurs descendants. Il en fut de Belleville comme de Beaujeu. La vie se réveilla autour de l'édifice religieux. Lunna reparut métamorphosée. Le Beaujolais compta bientôt une ville de plus. Malheureu- sement sa belle, heureuse et accessible situation devait con- tinuer à lui être fatale. L'église construite par Humbert est un édifice roman où quelques tentatives de gothique percent de loin en loin. Elle a été décrite dans ses plus minutieux détails (trop de détails peut-être) par M. l'abbé Chambeyron. Les lignes suivantes empruntées à un jeune artiste mort prématurément, suffiront à en préciser le caractère : « Belleville possède une des plus belles églises romano- byzantines qu'il y ait dans notre pays. « Bâtie à une extrémité de la ville, dans la direction de la Saône et presque isolée sur le bord d'une vaste prairie, l'antique collégiale de Belleville se fait remarquer d'abord par sa conservation parfaite. Â l'exception d'un très-petit nombre de restaurations et d'additions gothiques, on n'y voit rien qui altère la magnifique ordonnance de son plan primitif. Ses détails eux-mêmes ont conservé leur netteté originelle. Régulièrement orientée, l'église se compose d'une grande nef avec transepts et de deux nefs latérales; aucune chapelle n'a été bâtie sur les côtés ; aussi les murs romans y sont-ils in- tacts dans tout le pourtour; en revanche on y trouve cinq absides; elles ne sont pas rangées en hémicycle autour du chœur, disposition rare dans notre pays; mais les trois prin- cipales sont en face et dans le prolongement des nefs, les