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                      POÉSIE.



                     LA FERME.

La maison est petite et la porte est mal close,
C'est une métairie informe, sombre, enclose
De grands fossés, plantés d'arbustes épineux,
Qui poussent maigrement dans un terrain pierreux.
L'alizier s'y mêle à l'arbouzier sauvage,
Et courre de ses fleurs les champs du voisinage ;
Un vieux coq oublié, roi de la basse-cour,
Aux poules, sans façon, fait en sultan la cour,
Et tient lieu, par son chant, d'horloge à la fermière
Dès que l'aube, au matin, annonce la lumière.
Mais la pelouse est près, et les prés verdoyants
Etalent au soleil leurs tapis chatoyants,
L'Ondine des ruisseaux sans crainte s'y repose,
Et Zéphyre amoureux vient y baiser la rose.


Et puis , dans la vernaie, entendez, par moments,
Entendez, des grands bœufs, les sourds mugissements.
La chèvre nourricière, en sa course rebelle,
Eclabousse, en passant, le pauvre agneau qui bêle,
Et le chien du berger, docile et diligent,
Surveille les troupeaux d'un Å“il intelligent....

Et c'est là, cependant, que le bonheur habite !
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