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DEUX POETES PROVENÇAUX.
La Farandole, par M. ANSELME MATHIEU ; la Grenade
entr'ouverte, par M. THÉODORE AUBANEL (1).
A ANSELME MATHIEU,
Dieu fit l'esprit ailé pour qu'il s'enfuie
Aux horizons les plusétincelants,
Mais où voler, dans ces jours accablants
Où l'oiseau même en liberté s'ennuie?
L'eau tombe à flots. Parla vitre qu'essuie
Mon doigt distrait, mes regards indolents
Musent en vain des venants aux allants ;
Comme au dehors, au dedans c'est la pluie.
Le Ithône, en bas, chantonne et va son train,
Et moi je songe au repos souverain
Qu'offre son lit au rêveur las de vivre.
Mais à ma porte on frappe. Gai réveil!
Entrez, Messieurs l'Amour et le Soleil !
Gentil poète, on m'apporte ion livre.
C'est ce charmant sonnet qui nous a apporté pourjla
première fois le nom de M. Anselme Mathieu. On comprend
qu'il nous donna un vif désir de lire son livre. Certes,
pensions-nous, M. Soulary doit se connaître en beaux vers :
lui, qui possède si bien le sens de la forme achevée, le tour
hardi, l'idée neuve condensée dans un langage saisissant,
lui dont la poésie jaillit comme les fontaines glacées de la
(1) Avignon: Roumauille, éditeur; Lyon: Méra, libraire.