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198                 LES CHEVALIERS TIREURS

risation officielle, la compagnie prit le titre d'officiers che-
valiers du noble et royal jeu de l'arquebuse de Fillefranche.
Il me semble que cette intervention de la royauté, du parle-
ment el de la cour des aides, est bien excessive, puisqu'il
s'agit simplement de valider l'existence d'une très innocente
association provinciale. 3e ferai donc à ce sujet une obser-
vation de circonstance : c'est que la centralisation n'a pas
été entièrement établie par les lois contemporaines. Je ne
présume pas que l'établissement d'un cercle nécessitât au-
jourd'hui d'aussi nombreuses formalités : je pense que l'au-
torisation municipale serait seule nécessaire.
    Les bâtiments du jeu étaient composés d'une salle de ré-
 ception, à gauche, du côté de la campagne, et d'une buvette
 adossée contre une des tours des murailles de la ville. Un
 acte du 16 mai 1752, signé Besson, notaire royal, nous ap-
 prend que le sieur Pierre Châtelain Dessertine, au nom de
 Mgr le duc d'Orléans, avait loué cette tour aux chevaliers de
 l'arquebuse, moyennant une légère redevance qui constatait
 les droits du prince. Elle était confinée au midi par la rivière
 de Morgon, ce qui indique qu'elle se trouvait placée entre
 le portail d'entrée, à droite de la porte des Fayetles, en
 sortant de la ville, et ladite rivière. Les chevaliers installè-
 rent dans celte tour une salle d'armes.
    La Sainte-Barbe était la fête annuelle des tireurs d'ar-
 quebuse : ce jour là, ils faisaient dire une messe, et après
 l'avoir entendue, ils se rendaient dans la salle de leur éta-
 blissement, où une collation leur était offerte, aux frais du
 roi. On se réunissait aussi le second mardi qui suivait la fête de
 l'Epiphanie ; on tirait les rois, et celui qui avait eu la fève,
 l'année précédente, payait les frais de la collation. On voit
 donc que le titre de roi obligeait le titulaire à certaines li-
 béralités.
    La veille du second dimanche de mai, le roi faisait pro-