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H 8 HISTOIRE
« Deux hommes venant de l'armée, dit M. Monfalcon,
« arrivent en grande diligence à la porte du Pont du
« Rhône et demandent à entrer. Il est minuit, on hésite ;
« ces hommes insistent; ils disent qu'ils sont porteurs
« d'une grande nouvelle, mais qu'ils ne peuvent la com-
« muniquer qu'au chancelier de France et à la reine
« mère. L'un d'eux est Montpezat, gentilhomme de la
« maison du roi Admis auprès de la reine régente,
« Montpezat lui remet une lettre laconique de son fils ;
« on y lit ces paroles : « De toutes choses ne m'est de-
« mouré que l'honneur et la vie, qui est sauve. »
Six ans après cette malheureuse bataille, le roi Fran-
çois I e r , toujours en guerre avec Charles-Quint, s'était
avancé jusqu'à Valence, voulant se trouver près du camp
d'Avignon, formé par le maréchal Anne de Montmorenci,
généralissime de l'armée en Provence. François Dauphin,
fils du roi, âgé de dix-neuf ans, se rendait au camp pour
y apprendre le métier des armes. On sait que, pendant
son séjour à Lyon, ce prince s'étaut échauffé à une partie
de paume, prit des mains de Sébastien de Montecuculii,
un verre d'eau glacée, dont il se trouva si mal qu'on eut
à peine le temps de le transporter jusqu'à Tournon, et
qu'il mourut dans le château de cette ville, deux jours
après avoir reçu la visite du roi, son père.
Montecuculii fut accusé d'avoir empoisonné le Dau-
phin. Son procès fut instruit à Lyon, au retour de Fran-
çois Ier. Le comte fut condamné à mort(l). Dans l'arrêt
prononcé il est dit :
(1) Observations sur les mémoires de Mess. Guillaume du Bellay, XIX
p. 472. Montecuculii, nous apprend Beaucaire, (Belcar, livre XXI, n° 52)