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528 DISCOURS DE M. TABAUEAU.
Des cours littéraires , confiés aux Facultés des lettres , en-
tretiendront chez nos jeunes étudiants le sentiment du beau
et la délicatesse de goût, qui, seuls, peuvent donner aux
sévères conceptions des sciences l'élégance si pleine d'attrait
des beaux arts.
Je n'ai pas encore parlé du plus saint de nos devoirs
envers la jeunesse , de l'appui moral que nous lui devons.
Pénétrés de la pensée que l'oisiveté est recueil le plus dan-
gereux qu'elle ait k redouter, nous saurons la rendre impos-
sible , par des appels qui constateront la présence des étu-
diants a tous les cours , et par des tâches de travail qu'ils
auront à accomplir en dehors de l'école, et qui seront la
garantie de l'utile emploi des moments de liberté que notre
surveillance ne pourrait atteindre. Des interrogations fré-
quentes et l'habileté acquise dans les manipulations des
sciences nous donneront, chaque jour, la juste mesure de
tous les efforts , et seront pour nous l'occasion d'encoura-
geantes ou de sévères excitations. Une influence morale plus
puissante encore, celle des familles toujours prévenues par
nous des moindres écarts , viendra a notre aide , et assurera
dans notre école les deux conditions des vies honnêtes et
utiles : la moralité et le travail.
Ai-je besoin d'ajouter à ces motifs de sécurité pour les
familles la tutélaire surveillance du digne chef de notre
Académie (1); et ceux, dans la cité, qui furent ses disciples,
ne seront-ils pas heureux de retrouver, dans le haut protec-
teur de leurs enfants, le professeur dont l'âme élevée et
les savantes leçons leur ont laissé un si reconnaissant sou-
venir ?
Nos ressources d'enseignement, déjà bien grandes, seront
encore augmentées par la protectrice intervention de la cité
dans une œuvre de bien public , fondée dans l'intérêt de son
industrie. Un local plus vaste , de plus riches collections
d'études et d'arts et métiers, un matériel d'école plus complet,
tels seront les moyens d'action qu'une administration éclairée
accordera : aux besoins de l'avenir , à l'ardeur d'étude des
jeunes populations , aux vœux des chefs d'industrie , qui ,
depuis si longtemps, réclamaient une grande fondation scien-
tifique , accessible 'a toutes les fortunes, apportant, dans le
sein de la grande famille lyonnaise et sous la surveillance
(i) M. l'abbé Noircit, ancien professeur de philosophie du Lycée de
Lyon, ancien inspecteur général de l'Instruction publique. Recteur de
l'Académie de Lyon.