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                       LA GAZZBTÃE FRANÇOISE.                        149
  n'ont ozé attaquer aux champs, qu'au lyon mort les lièvres vont
  tirer la barbe, et aux chevaux blessez sur le garrot les mouches
  font la guerre, il n'y avoit en sa misère si piètre soldat en nos
 troupes qu'en le sifflant ne le montras! au doigt, et, en passant
 ne luy donnast quelque nazarde... Pour plus cruellement l'af-
 fliger, il n'estoit pas jusqu'aux pouilleux goujats... qui ne con-
 trefissent sa dolente façon de faire ; aucunement revenant à la
 cadence du bransle de Macabre, non sans jelter larmes de joye...
 et mille autres telles sortes de raillieries, tels fatras et telles sor-
 nettes, soufrant patiemment la vieille guerre gmdarmesque, plus
 d'injures , d'opprobres et de mocqueries que dix truyes ne
 sauroient boire de lavailles. »
     Une fois maître du château, le capitaine Poignant en signe de
 réjouissance « fit tirer tous les canons, tant pièces de batterie,
 couleuvrines, que bombardes et fauconnaux, feit sonner les
 trompettes et battre les tambours, avec tel tintamarre qu'on eût
jugé â l'horrible et pétulant bruit qui en naissoit estre le globe
de l'univers sur le point d'en crever de rire. Et d'autre part
Messieurs de Santeticve, à l'advantage desquels s'estoit passé
l'affaire, contens et gais, Dieu scait comment, (d'être délivrés) de
ces coursaires d'Heurtonnistes, firent chanter en grand' solennité
le Te Dmm, à cloches branslans à tout rompre, à cierges ar-
dents à tout consommer, orgues resonnants à tout esclater, et
à gorge ouverte à tout fendre, obfuscant les effroyables feux de
discorde par grand nombre de délectables feux de joye qui
furent dressez par les riies, carrefours et places publiques de
leur ville, dont la splendeur des claires flammes eclipsoit la lueur
du bel astre nocturne, ainsi que d'un flambant flambeau celle
d'une simple bougie, faisant d'une nuict brune un jour serain et
clair...
   « La ville de Santetieve, le petit œil et la perle forésienne, dès
lors se disposa d'honorer par le magnifiqu« triumphe d'une su-
perbe entrée ce grand et excellent Poignant, non moins aecom-
ply en vertus qu'admirable en bonté, et incomparable en vaillance
par les indicibles labeurs duquel leur estoit succédé un désireux
repos et par ses journaliers périls un gracieux abril de toute