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AU XVIIe SIÙCLE 405 •ments. Or, aujourd'hui le prix minimum de la bicherée, à Soucieux, en tenant même compte de la dépréciation dont le phylloxéra a frappé les sols propres aux vignobles, et en supposant les terrains de qualité médiocre, ce prix serait de 300 fr. la bicherée, soit 42,600 fr. que vaudrait le do- maine. Et si les prés et terres étaient de bonne qualité, pas trop loin du village, le domaine vaudrait 56 a 60,000 fr. La valeur de la terre est done de 8 à 11 fois plus grande qu'en 1689. Mais, dans cette comparaison, cro\rons-nous, il y aurait l'erreur inverse de celle renfermée dans la comparaison du prix du blé. La terre valait moins en 1689 qu'aujourd'hui : i° parce qu'on savait moins la faire produire, parce qu'on avait des procédés et des outils plus imparfaits ; 2° parce que l'usage général des jachères diminuait le produit; 3° parce que le manque de voies de communication, qui augmentait le prix du blé dans les grandes villes, l'avilissait dans les campagnes, où la plupart des produits devaient se consom- mer sur place, etc., etc. Si nous considérions les autres propriétés qui compo- saient l'héritage de Mornieu, nous trouverions des diffé- rences bien autrement considérables entre la valeur an- cienne et la valeur nouvelle que pour le domaine de Sou- cieux. Mais cela tient à cette circonstance toute particulière que des terrains cultivés ou même incultes sont devenus des terrains à bâtir. Il y a peut-être quelque intérêt de curiosité à faire la comparaison de ces valeurs. Les prés de la Sablière, sis à la Guillotière, contenant 20 bicherées, étaient estimées 6600 fr. Nous connaissons, par un plan du mandement de Béchevelin, la situation de ces prés. Ils seraient actuellement circonscrits, ou à peu près par la grande-me de la Guillotière au nord-est, la rue de la \-rierge à l'ouest, la rue Montesquieu au sud.