page suivante »
L'EXPOSITION DE 1879 291 vieilles carrières de Méry. On y sent comme un ressouvenir de Daubigny le père, mais la peinture de M. Beauverie est moins poussée au noir que celle du maître regretté. Au- dessous de ces deux toiles, regardons un instant le bateau à laveuses, la Plalfe, en langage local, de M. Roman. M. Ro- man est un chercheur, et s'il n'a pas atteint, dans ce ta- bleau, toute la vérité, il a passé si près du but qu'à beaucoup il donne le change. Si, arrivé à ce point de la galerie, on ne veut pas quitter les paysagistes , on n'a qu'à porter ses regards tantôt d'un côté , tantôt d'un autre ; l'étude est facile à con- tinuer. M. Saint-Cyr-Girier a exposé deux vues prises dans les Dombes, à Saint-Paul-de-Varax. La meilleure des deux porte le n° 324, mais ni l'une ni l'autre ne valent, à beau- coup près, son Rocher sous bois, son Effet de neige à Crèmieu, et son Ravin, trois beaux paysages que chacun a pu voir, l'année dernière, derrière la glace miroitante de la vitrine de Dusserre, et qui nous avaient habitué à une toute autre manière défaire de la part de M. Saint-Cyr-Girier. M. Appian a envoyé trois toiles, deux grandes et une pe- tite. Les deux grandes, nous les connaissions déjà par deux splendides fusains longtemps exposés à la vitrine de Méra, la Route de la Corniche et un Canal, c'est ainsi que le livret les désigne. Eh bien, de ces deux beaux paysages, c'est le Canal qui nous charme le plus ; ce n'est pas le plus lumi- neux peut-être, mais il nous attire par cette incomparable poésie qui caractérise généralement le jour à son déclin et par cette mélancolie douce qui émane des lieux profondé- ment solitaires. La Route de la Corniche, au contraire, avec son arbre aux racines décharnées, son rocher qui s'effritte et sonOsmanlis chevauchant sur un cheval barbe, a comme une arrière-pensée de décor qui nous plaît moins malgré