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                            LA TESSOKSE.                          389

   la bourgade du vieux Saint-Nicolas est détruite depuis
  plusieurs siècles, on l'a rebâtie plus bas sur le versant
  occidental du plateau de la Verrie (1).
      Le prieuré des Biefs n'a gardé qu'un clocher fort rus-
  tique, sans architecture, et une cloche sur laquelle se
  lisent les noms de familles encore subsistantes dans le
  pays. On la sonne trois fois du jour; lorsqu'un habitant
  trépasse et enfin en temps d'orage, sitôt que la tempête
  se lève au souffle de l'Aurisse la cloche des Biefs tinte;
  la cloche antique de Rade, suspendue dans la tour du
  hameau voisin de Séroux, lui répond; et l'harmonieuse
 campane des ruines deMontmorillon mêle ses vibrations
 au fracas de la foudre et au bruit des torrents.
     Il y a quelques années, les habitants des villages
 épars dans les vallées avaient émis le désir de se voir
 réunis en paroisse-, déjà le village des Périchon d'Ar-
 feuilles avait bâti une chapelle; des difficultés s'élevè-
 rent entre les diocèses de Moulins et de Lyon, dont les
 limites se rencontrent aux Biefs même, et il faut beau-
coup de religion aux montagnards, séparés de tous côtés
par deux heures de chemin de leurs clochers.
     Au point de vue des antiquités féodales, les sei-
gneurs de Montmorillon dominent la contrée, leurs
possessions s'étendent au loin dans le Forez , jusqu'à
Baignaux, au bord de la Loire, non loin de l'embou-
chure de la Tessonne; ils sont bienfaiteurs de l'abbaye
de la Bénissons-Dieu. Ils signent comme témoins l'acte
d'affranchissement de la commune de Saint-Haon-le-
Châtel et gouvernent l'antique prévôté de Saint-Jacques-
des-Biefs. C'est dans cette famille D'Isserpens et des
Montmorillon, chevaliers bannerets, que s'est sans doute

  (1) D'anciennes verreries détruites et dont on conserve de curieux
spéciments.