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DE NOS ÉGLISES. 385
Au point de vue des splendeurs du culte et de la perfec-
tion des cérémonies, qui a mieux compris les convenances
et les nécessités que l'ordre bénédictin? Qu'on lise en par*
ticulier dans les Antiquiores consuetudines Cluniacensis
monasterii, quelle importance on attachait à Cluny aux
plus petites prescriptions du cérémonial, et quelles p u n i -
tions étaient infligées aux enfants de chœur et aux reli-
gieux qui les violaient par inadvertance. Je cite Cluny de
préférence parce qu'il est une des grandes gloires de la
province lyonnaise. Eh! bien, c'est dans les églises béné-
dictines que l'on trouve d'abord les chapelles rayonnantes
autour du sanctuaire, dont elles sont séparées par le
déambulatoire si favorable aux processions ; et cela, dans
une proportion très-considérable depuis le xie siècle. La
grande basilique de Cluny avait cinq chapelles rayon-
nantes ; Paray en a trois ; Notre-Dame du Port, Ã Clermont,
quatre. Tournus, le Bois Sainte-Marie, Chantelle, etc, etc,
offrent la même disposition.
Ce ne sont pas les seules églises monastiques qui ont
des chapelles rayonnantes séparées du sanctuaire par le
déambulatoire. L'incomparable cathédrale de Cologne en
a sept, La cathédrale de Fribourg (Allemagne) en a six
autour du sanctuaire, et quatre autres, de chaque côté du
chœur; en tout, quatorze chapelles rayonnantes.
A Florence, Sainte-Marie-des-Fleurs, qui est le dôme ou
la cathédrale, a cinq chapelles rayonnantes au fond du
sanctuaire, et cinq autres à chaque extrémité du transept.
Jusqu'en Orient vous trouvez la même disposition dans
l'église annexée à la coupole du Saint-Sépulcre, qui a trois
chapelles rayonnantes.
Il est difficile d'admettre, après cela, qu'une pareille dis-
position soit une superfétation gênante pour l'ordre des
cérémonies, et qu'on soit louable de rejeter le plan de ces
églises comme plan de fantaisie.
Cette disposition donne, au contraire, une ampleur et une
grâce merveilleuse aux édifices sacrés qui en sont doués.
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