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J.M. AUDIN. Le 23 février 1851, un modeste convoi déposait dans la tombe, au cimetière de Loyasse, un compatriote, un ami, un homme de cœur, un écrivain de talent. C'était J.-M. Audin, l'historien de Luther, de Calvin, d'Henri VIII et de Léon X. Né en 1794, à Oullins, près de cette ville de Lyon qui a produit tant d'écrivains remarquables, Audin fit ses études dans les petits séminaires du diocèse, et se livra ensuite à la profession de libraire, où il acquit une honnête fortune. Retiré des affaires commerciales, il s'adonna librement à son penchant pour les lettres, et publia coup sur coup plusieurs ouvrages qui ont eu un rapide et brillant succès. Il y avait de lui, auparavant, quelques essais restés in- connus, et qui ne méritent guère de sortir de leur obscurité ; mais une fois qu'il eut trouvé son chemin, il y marcha d'un pas ferme et assuré, et développa ses facultés éclatantes. A travers les distractions du siècle et les préoccupations du négoce, Audin s'était laissé aller, nous ne disons pas à l'incré- dulité, mais peut-être à l'indifférence sur les questions religieuses; lorsque la foi vint ressaisir cette âme ardente et passionnée, il fut