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472          SOUVENIRS ACADÉMIQUES LYONNAIS

des historiens et des archéologues qui se sont fait un nom
par leur érudition et leurs travaux. Je citerai MONTFALCON,
l'auteur de l'Histoire de Lyon, DE BOISSIEU, dont le grand
ouvrage sur les Inscriptions lyonnaises fait autorité pour les
historiens et les archéologues.
   Du côté du barreau et de la magistrature, l'Académie ne
s'était pas recrutée d'une manière moins heureuse. On y
voyait siéger Théodore GRANDPERRET, GILARDIN, VALENTIN-
SMITH, bientôt appelés aux premiers postes du parquet et
de la magistrature parisienne.
   L'enseignement supérieur nous fournissait aussi un pré-
cieux contingent, quoiqu'il fût bien restreint, en compa-
raison de ce qu'il est aujourd'hui, quoiqu'il n'y eût encore
à Lyon que deux Facultés au lieu de quatre, et que chacune
n'eût que cinq ou six chaires. De la Faculté des Sciences
était venu d'abord son doyen, TABAREAU, le plus aimable
des doyens, l'organisateur de la Martinière, le créateur de
ses méthodes ingénieuses d'enseignement. A côté de lui
 était le professeur de chimie, pâle et d'aspect maladif,
BINEAU, un des meilleurs disciples de Dumas, qui ne
 sortait guère de son triste et sombre laboratoire de la voûte
 du collège, et qui est mort sur ses fourneaux.
   Nous pouvions aussi nous vanter de posséder un géologue
justement renommé, le professeur FOURNET. C'est lui qui
a découvert le Rhône souterrain, dont les eaux naturelle-
ment filtrées alimentent la ville de Lyon. Entre tous ses
nombreux ouvrages ou mémoires, je me borne à citer le
plus considérable de tous, sur l'extension du bassin houiller,
qui a rassuré ceux qui craignaient qu'un jour le charbon
vînt à manquer sur notre pauvre globe. Cet excellent col-
lègue était parfois de ton et de formes un peu rudes. Un
jour qu'on lui faisait une objection dans une réunion