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                 D'UNE FAMILLE BOURGEOISE                   81

involontairement, à quel chiffre s'élèveraient actuellement
certaines dépenses, sans les perfectionnements apportés à
l'outillage industriel.
   Toutefois, malgré ces perfectionnements, il est tels
autres produits qui sont loin d'avoir subi la même décrois-
sance. Car si un chapeau coûtait alors 12 livres, ce qui ne
s'éloigne guère du prix actuel, il en est autrement des
dépenses de chaussures. Au siècle dernier, une paire de
souliers d'hommes était payée 3 livres 15 sous, et il en
était ainsi même des souliers bronzés, chaussure de luxe,
en assez grand usage à cette époque. De même des souliers
d'enfants ne coûtaient que 24 sous et ceux des jeunes
filles 34 sous seulement. On remarquera ici combien
la valeur du produit a subi l'effet de l'augmentation des
 salaires.
   D'autres dépenses, et surtout des dépenses d'objets de
luxe, nous fournissent des éléments d'appréciation moins
sûrs. Ainsi, lors de son voyage à Montpellier, Antoine-
Esprit Bienvenu achète trois paires de bas de soie, dont
deux blancs et une paire de gris, le tout au prix de 25 livres.
Or, malgré le perfectionnement des métiers de tissage, il
y a apparence que ce prix serait certainement dépassé
aujourd'hui, mais toutefois, dans une mesure assez faible.
    On voit, dès lors, combien la question de la variation du
prix des choses les plus usuelles est complexe et combien
il est inexact de dire, d'une manière absolue, qu'en tout et
partout les dépenses de la vie de chaque jour ont aug-
menté d'une manière considérable depuis un siècle. Les
exemples que nous fournit ce livre de raison nous démon-
trent, au contraire, que le prix des salaires seul a pris un
accroissement incessant et souvent excessif. De là, vient
l'augmentation de certaines dépenses de vêtements. Quant