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               D'UN MUSÉE HISTORIQUE A LYON                     433

ledit un journal, « ce sera un régal de délicat d'entrer dans
cette demeure restaurée et d'y visiter un musée essentielle-
ment parisien ». Quand aurons-nous, nous aussi, — si nous
l'avons jamais, — le même régal de délicat, et le plaisir de
posséder un musée essentiellement lyonnais?
   On a publié, au mois de juin 1890, une longue liste de
travaux, prêts à être exécutés ou simplement à l'étude, pour
servir à l'embellissement de la ville, tels que places et jar-
dins publics, nouvelles rues, le pont de Fourvière, les abat-
toirs, etc. Pourquoi sur cette liste (6) ne placerait-on pas, et
au premier rang, le projet de la construction d'un musée
historique et archéologique de Lyon. On peut dire que de
tous les projets, celui-là est le plus pressant; car ici tout
retard est irréparable. Que l'on mette quelques années de
plus ou de moins à élargir une rue ou à faire un jardin, il
n'y a guère là qu'une gêne un peu plus longue pour les
habitants; mais reculer de dix ans la construction du musée
dont je parle,c'est occasionner la perte d'une quantité consi-
dérable d'objets précieux, trouvés dans cet espace de temps,
que l'on aurait pu y recueillir, et qui tombés aux mains des
particuliers ne seront désormais d'aucune utilité pour l'his-
toire locale.
   Au défaut de la municipalité, c'est aux Sociétés savantes
Lyonnaises que doivent revenir la sollicitude et la charge de
promouvoir un pareil projet, de le soutenir et de contribuer
par tous leurs efforts à le faire aboutir. Que ces Sociétés
soient littéraires, historiques ou scientifiques, une telle
entreprise ne peut être étrangère à leur but et à leurs
travaux; toutes, à des titres et à des degrés divers, sont


  (6) Elle a été publiée par plusieurs journaux, et notamment par le
Nouvelliste du 16 juin 1890.