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SOUVENIRS ACADÉMIQUES LYONNAIS 479 dans les mains un prix, le prix Chazières, dont la valeur dépasse celle des plus grands prix dont l'Institut dispose ? Après l'Institut, à une grande distance sans doute, vous êtes aujourd'hui la plus riche des Académies de France. Indépendamment de ces hommes distingués que la cité ne cesse de vous fournir, quelle nouvelle et riche pépi- nière de candidats n'avez-vous pas dans ces Facultés au complet, dans ces chaires multipliées d'enseignement supé- rieur, qui ne perdront rien pour ne pas recevoir ce vain nom d'Université dont elles peuvent se passer ? S'agit-il de combler les vides que fait chez vous la mort et ceux moins douloureux, que fait l'éméritat, vous n'avez que l'embarras du choix. Pour telle de vos places, j'ai vu récemment autant de candidats, tous de mérite, que pour le fauteuil le plus disputé de l'Académie française. Il est bon d'être modeste, mais il ne faut pas cependant l'être à l'excès. Souvenez-vous donc toujours, mes chers Confrères, qu'après l'Institut, auquel un si grand nombre des membres de cette Académie ont été, et sont encore rattachés par les honorables liens de la correspondance, vous êtes le premier Corps savant de France. Aussi n'est-il pas permis de vous oublier, à ceux aux- quels vous avez servi d'échelon pour arriver à l'Institut, quel que puisse être l'éclat de ce nouveau titre et malgré le grand tourbillon de la vie parisienne. Quant à moi, je puis en terminant vous répéter cette heureuse et touchante citation de Virgile, que Mairan, membre de l'Académie française et de l'Académie des Sciences, adressait au Président de l'Académie de Béziers où il avait débuté dans les honneurs académiques :