page suivante »
D'UN MUSÉE HISTORIQUE A LYON 4 2! L'étranger qui visite Lyon est surpris de voir combien les collections d'art ou d'industrie sont peu nombreuses dans cette grande ville. En dehors du musée du Palais Saint-Pierre et de celui du Palais du Commerce ( i ) , ce dernier peu connu et relativement peu fréquenté du grand public, il ne trouve rien qui puisse attirer son attention. Le Palais des Arts, il est vrai, réunit plusieurs collections distinctes, dont chacune formerait à elle seule un musée; mais leur réunion dans un même local les gênera toutes mutuellement un jour, et empêchera chacune d'elles de prendre les accroissements qui lui seraient nécessaires pour se compléter. Il faut avouer qu'une telle pénurie est étrange dans une ville aussi considérable et qui renferme plusieurs industries dépendant étroitement de l'art de toutes les époques. C'est que, malheureusement, l'esprit com- mercial y étouffe un peu le sentiment de l'idéal. D'autres grandes villes, comme celles de l'Italie au Moyen Age, ont eu un esprit commercial aussi développé; mais leurs mar- chands, devenus riches, avaient su conserver le culte du Beau; ils savaient faire un noble usage de leur opulence, fruit de leur travail, aimant à s'entourer d'artistes et d'objets d'art et de curiosité, et leurs maisons devenaient comme des musées, où l'on n'eut qu'à puiser plus tard pour former ces riches collections publiques qui font la renommée (I) Depuis que cet article a été écrit, ce dernier musée a été entière- ment réorganisé l'année passée; on en a fait un musée spécial admira; blement installé sous l'habile direction de M. Monvenoux, l'architecte du Palais.