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D'UN MUSÉE HISTORIQUE A LYON 423 contester son utilité; un tel musée, où l'on met sous les yeux du public les œuvres d'art de tous les genres, de tous les pays et de toutes les époques, étant indispen- sable dans une ville dont tant d'habitants s'occupent de travaux artistiques ou industriels confinant à l'art. Je veux dire seulement qu'à côté de ce musée universel, dont tout le monde souhaite l'accroissement, il y a, et il devrait y avoir, place pour un musée purement lyonnais, ne renfermant que des objets trouvés à Lyon, ou sortis certainement de mains lyonnaises. Cette création est si naturelle et si indispensable qu'elle a été réalisée dans une certaine mesure au Palais Saint-Pierre, où il y a une salle exclusivement réservée aux peintres de notre ville. Je ne parle pas de la section d'épigraphie, qui, en dehors de toute intention ou idée préconçue, est forcément lyonnaise, les inscriptions découvertes à Lyon concernant nécessairement l'histoire de cette ville. Or la pensée qui a inspiré la création du musée des peintres lyonnais devrait se généra- liser et s'étendre à toutes les branches de l'art et du travail humain, et le musée archéologique lyonnais serait fondé. On pourrait objecter qu'il ferait tort au musée du Palais Saint-Pierre ; mais le contraire serait beaucoup plus vrai; il lui rendrait plutôt service en le débarrassant d'une foule d'objets de valeur inférieure, et en lui permettant de réserver toutes ses galeries et ses vitrines, toujours trop petites, à ce que l'art a créé de plus beau dans tous les genres. Ces deux musées, loin de se nuire, ne feraient donc que se compléter l'un par l'autre. Celui du Palais Saint- Pierre serait consacré aux œuvres d'art supérieures, appar- tenant à toutes les époques et à tous les pays, qui, par leur perfection et le fini de leur travail, mériteraient l'honneur de servir de modèle aux artistes, et de fixer l'admiration des