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410 ÉTUDE SUR QUELQUES ANNÉES
France, « rien ne saurait plus lui résister, non seulement
dedans mais dehors le royaume, de sorte que quand il
ferait donner à la reine le choix des meilleures et des plus
fortes places du royaume, elle n'y serait pas en sûreté si le
cardinal entrait dans la moindre défiance d'elle. Cela étant,
comme personne n'en pouvait douter, la reine ne pouvait
trouver sûreté que dans le cœur et la confiance du cardinal;
que si la confiance y était parfaite, la sûreté de la reine y
serait tout entière ; que s'en retournant en France, elle
hasardait tout et le cardinal aucune chose, le fort donnant
la loi au faible, tellement que s'il était capable d'entrer en
défiance de la reine, il la perdrait toutes les fois et quantes
qu'il lui plairait ; qu'au contraire elle ne lui pouvait nuire
en façon du monde quand elle en aurait la volonté. »
On répondit à ces ouvertures en demandant à la reine de
remettre d'abord, entre les mains du roi, pour qu'il en fit
justice, certains de ses serviteurs, comme Fabroni, Mathieu
de Morany, abbé de Saint-Germain, et le Père de Chante-
loube. C'était signifier qu'on ne voulait pas s'accommoder.
Richelieu, dans une lettre au Père de Suffren pour expliquer
sa conduite, dit qu'il ne peut moins faire, sachant de
source certaine que le Père de Chanteloube a voulu le
faire assassiner ; il donne en même temps de celte assertion
si grave des preuves peu concluantes. Même, peut-on dire,
il apporte, pour motiver son refus, un tel entassement de
raisons quelconques, qu'il paraît avoir voulu remplacer la
qualité par la quantité. Une ou deux bonnes raisons,
appuyées de preuves convaincantes, eussent fait meilleur
effet. Enfin, il a cette fois encore sous la main un sacripant,
du nom de Chavagnac, auquel il fait tenir les propos les
plus compromettants pour ses adversaires; ledit Chavagnac
les accuse des plus grandes noirceurs. Il fut récompensé