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                   DU REGNE DE LOUIS XIII                    341

 son frère, avec ses autres parents. Qu'enfin, en voyant
 tant de grands seigneurs errants dans les royaumes étran-
 gers, tant d'autres renfermés en différentes prisons, il n'y
 avait pas de jour que chacun des courtisans ne craignît pour
 soi-même ou pour ses proches.
    Sans doute moins de raideur hautaine de la part de
 Richelieu, moins d'ambition de réduire toute grandeur sous
 les lois, eussent mieux servi le roi, la France et lui-même.
 Mais alors il n'eût pas été Richelieu, mais bien un grand
 homme de pure imagination : ceux-là seuls sont sans
 défaut.
    Internée à Compiègne même et séparée de ses princi-
paux conseillers, Marie de Médicis négocia pendant cinq
mois afin d'obtenir pour elle et les siens des conditions
 meilleures. Enfin le 19 juillet, elle fit la faute de quitter la
France et de se réfugier dans la Flandre espagnole auprès
 de l'infante Clara-Eugenia, petite-fille de Charles Quint et
 tante de la reine. A la mort de Clara-Eugenia, la reine-mère
 passa en Angleterre, puis de là en Hollande et enfin à
 Cologne, où elle mourut. « On l'avait vue pendant quinze
ans, a dit un historien, tantôt armée contre son fils et
tantôt placée par lui à la tête de son conseil. Après avoir si
longtemps disposé de tout dans le royaume de France, la
veuve de Henri le Grand, la mère du roi régnant, la belle-
mère de trois souverains de l'Europe, passa le reste de ses
jours en exil, manquant parfois du nécessaire. » Errante à
l'étranger, elle quitta la Flandre parce que l'Espagne était
en guerre avec la France et se réfugia en Angleterre.
Charles I er , son gendre, lui accorda une retraite dans ses
Etats et fit des instances pressantes pour que les portes de
la France lui fussent rouvertes. On en délibéra à Paris. Louis
remit le sort de sa mère à son conseil. Bouthillier seul pro-