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192 PHILIPPINE WELSER lui eût pas administré une potion. Cependant, comme son état devenait de jour en jour plus grave, on consulta le docteur Frédéric Fuchs, d'Ulm, et le docteur Henberger, d'Augsbourg. Une amélioration s'étant produite au bout de quelques semaines, elle put retourner en Tyrol au mois de décembre. Comme l'archiduc était encore absent, Charles Welser, qui accompagnait sa soeur Philippine, lui adressa une relation fidèle du voyage. L'amélioration fut de courte durée, et l'entourage de Philippine tomba de nouveau dans une vive inquiétude. Pendant longtemps encore elle manqua d'appétit; le vin même lui répugnait, mais elle prenait volontiers des eaux acidulées de Gôppinger. Des malaises, survenus au mois de février, effrayèrent encore plus son entourage. Elle s'imaginait, lorsqu'elle était au lit, que le ciel et la terre pesaient sur elle ; puis elle se levait subitement, sans ouvrir les yeux, et s'écriait : « Que m'est-il arrivé ? » Lorsqu'elle se mit en route, quelques mois plus tard, pour Carlsbad, elle fut atteinte d'une nou- velle indisposition, et interrompit son voyage à Hall. Philippine ne gardait pas,toujours, à la vérité, la diète qui lui était recommandée. Ainsi, d'après Handsch, les méde- cins lui interdisaient la choucroute ; mais comme dame Philippine en mangeait volontiers, on lui en préparait avec de la viande de porc et du chapon gras. Les malaises se renouvelèrent pendant les années suivantes ; souvent les pieds enflaient (12). Les moyens les plus en usage alors, la saignée et les purgations furent fréquemment employés ; Handsch croyait prévenir ainsi l'invasion déjà redoutée d'une hydropisie. Il prescrivit, comme Mattioli et Wile- (12) Elle avait des douleurs dans le bas-ventre; quelquefois de la leucorrhée.