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I44 ÉPISODES DU SIÈGE DE LYON EN I793 pita sur lui et lui tira presque à bout portant un coup de pistolet qui lui emporta le plumet blanc de son chapeau. « F maladroit, » s'écria Chappuis-Maubou; et d'un coup de sabre il lui fendit la tête; puis, se retournant froi- dement vers les siens : « Les Jean-F ne savent pas tirer, dit-il, ne feraient-ils pas mieux de labourer leurs terres? » (5). La colonne forézienne faisait son entrée à Lyon au com- mencement de septembre. Le général de Précy voulant utiliser immédiatement le colonel de Chappuis, lui confia les travaux du génie et la direction de l'artillerie. M. de Chappuis signale sa présence à l'état-majorde la Convention établie à la Guillotière, en dirigeant une bombe sur la maison où il présumait que les généraux, leurs officiers supérieurs et les représentants du peuple étaient à leur repas; la har- diesse d'une femme de service éteignit la mèche et prévint l'explosion. Mais l'heure fatale avait sonné. La famine sévissait, les munitions s'épuisaient, 20.000 ouvriers, la plupart Jacobins, contenus jusqu'alors devenaient menaçants. Le bombarde- ment était effroyable, l'armée de Précy sensiblement réduite. Parmi les officiers, le colonel du Rozier avait été tué. La trahison favorisait les assiégeants ; les sections étaient en pourparlers avec les proconsuls auxquels on devait livrer le général et les officiers supérieurs. Ce fut dans cette extré- mité, après 62 jours d'une résistance désespérée, le soir du 9 octobre, qu'un parlementaire vint annoncer aux Conven- tionnels la reddition de la place pour le lendemain. Précy convoquait à la même heure ses héroïques compagnons (5) Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la Révolution, par Alph. Balleydier, Paris, Curmer, 1846, tome II, page 87.