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PHILIPPINE WELSER 119 Son livre de recettes mentionne le sirop de roses, le miel de roses, les jus de coings, de griottes, de figues, diffé- rentes compotes, des poudres pour l'estomac, des remèdes contre les coliques, Tépilepsie, les gonflements d'amyg- dales, la toux, le vertige, la phtisie, les empoisonnements. Elle avait recueilli des prescriptions de différents côtés ; elle en devait certaines au docteur Vilebroch, d'autres à un médecin d'Augsbourg, le docteur Peutinger, d'autres encore à la médecine des anciens. A un pauvre journalier hydropique, elle envoie de l'huile d'absinthe ; elle guérit un fiévreux en lui faisant prendre une boisson de safran, pré- parée par les Bénédictins. Les soins qu'elle donnait aux malades et aux infirmes ne lui faisaient pas oublier les gens bien portants ; elle cher- chait non seulement à leur rendre service, mais encore à leur procurer certaines jouissances. C'est ainsi qu'elle se faisait une joie particulière de surprendre agréablement des jeunes filles de la bourgeoisie, en leur envoyant, en cadeau pour le jour de leur mariage, un vêtement de noces. Quant à ses serviteurs, elle était pour eux une maîtresse géné- reuse, toujours prête à leur accorder des marques de sa bonté. Plusieurs tilles de ses domestiques, nées à Ambras, portaient son nom : elle avait été leur marraine. On conserve encore plus de cinquante pétitions qui lui furent envoyées de toutes les parties du Tyrol. Sa compas- sion pour les malheureux était connue au loin. On lui adressait les prières les plus diverses. Des femmes deman- daient la grâce de leurs maris emprisonnés ou bannis ; des prisonniers sollicitaient leur liberté ; des ouvriers sans ouvrage demandaient des secours ; des débiteurs cherchaient à obtenir par son intermédiaire un délai de leurs créanciers. Une pauvre femme, dont elle avait protégé les enfants, lui