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120                    PHILIPPINE WÈI.SER

demandait un emploi. Un greffier duTyrol, Pierre Schmolz,
habile calligraphe, qui avait déjà confectionné des livres de
prières pour l'archiduc Ferdinand et pour le duc de Ferrare,
était mort avant d'avoir pu achever un beau livre de prières
destiné à Philippine; sa veuve la suppliait de l'acheter, tout
incomplet qu'il fût, afin que ses enfants eussent de quoi
vivre. Un habitant de Roveredo, gravement compromis
dans un soulèvement, avait eu ses biens confisqués; sa
veuve, grâce à l'intercession de Philippine, en recouvra
une partie pour elle et pour ses enfants. Le fils d'un chan-
teur de la Cour sollicitait une bourse pour faire ses études ;
n'ayant pas osé remettre sa supplique à l'archiduc, il la
présenta à « sa très gracieuse femme ». La demande fut
d'abord rejetée par l'agent chargé de rendre compte des
pétitions ; mais Philippine insista, et la bourse fut accordée.
Toutes les demandes ne pouvaient cependant pas être
accueillies; toutes n'étaient pas non plus dignes de l'être;
ainsi une femme d'Innsbruck demandait l'annulation d'un
jugement de bannissement rendu contre sa fille pour vol.
   Ce n'étaient pas seulement les pauvres gens qui recou-
raient à Philippine : la noblesse ne dédaignait pas de
s'adresser aussi à cette fille de la bourgeoisie. La comtesse
Regina d'Arco obtint par elle la liberté de son mari, Gerhard
d'Arco. Mais elle fut surtout la protectrice des misérables;
aussi les pauvres gens se souvinrent-ils longtemps de leur
bienfaitrice (19).

                                           E.   CHARVÉRIAT.
  (La fin au prochain numéro.)


  (19) Us disaient qu'ils avaient malheureusement beaucoup perdu en
perdant leur très gracieuse dame, (HIRN. II, 330.)