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          HISTOIRE DE LA MONARCHIE DE JUILLET              57

du septième volume par lequel M. Paul Thureau-Dangin
termine sa belle histoire de la monarchie de juillet.
    Les élections de 1846 avaient été favorables au gouver-
nement; elles lui assuraient, dans la Chambre des Députés,
une majorité de plus de cent voix; mais cette majorité,
qui comptait un assez grand nombre de membres nou-
veaux, se montrait peu docile. Le roi Louis-Philippe, alors
âgé de soixante-quatorze ans, désirait vivre en paix sans
rien changer, tandis que le pays, qui ne vieillit jamais,
 demandait du nouveau ; quant à M. Guizot, ministre
depuis longtemps déjà, il oubliait trop qu'un peuple désire
autre chose que la satisfaction de ses intérêts.
    La politique étrangère de M. Guizot semble avoir été
supérieure à sa politique intérieure. C'est peut-être, qu'à
l'intérieur il lui suffisait de conserver la majorité dans les
deux Chambres, pendant qu'à l'extérieur il lui fallait cons-
tamment combattre ; or, dans ces luttes pacifiques, sa
haute raison lui assurait de réels succès. Le principal
ministre anglais, Palmerston, le poursuivait malheureuse-
ment d'une haine aveugle ; il ne pouvait lui pardonner les
mariages espagnols et le contrecarrait à chaque instant.
A Londres, le duc de Broglie, ambassadeur de France,
avait peine à lui tenir tête, et en Espagne, l'ambassadeur
anglais Bulwer s'alliait aux révolutionnaires afin de miner
notre influence. En Grèce, à la Plata, partout, les agents
de Palmerston nous suscitaient des embarras.
    Cette attitude hostile était heureusement contre-balancée
par l'attitude de plus en plus bienveillante des grandes
puissances du continent. Les principales Cours de l'Europe
avaient d'abord considéré !e iiouvernement de la France
comme un gouvernement révolutionnaire et s'en étaient
défiées. A force de sagesse et de prudence, M. Guizot les