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5S           HISTOIRE DE LA MONARCHIE DE JUILLET

avait rassurées. En flattant habilement le prince de Met-
ternich, en se montrant plein de déférence pour ses con-
seils qu'il traitait, dans l'intimité, de « galimatias judi-
cieux (2) », il avait amené le cabinet autrichien à prendre,
vis à vis de la France, une position presque sympa-
thique.
    L'intérêt poussait également la cour de Vienne à se
rapprocher de la France. L'Autriche s'apercevait que la
Prusse prétendait la remplacer à la tête de l'Allemagne, et
elle espérait trouver dans la France une alliée contre cette
nouvelle puissance.
    Une occasion se présenta bientôt de mettre à profit ce
rapprochement. Les radicaux, en Suisse, entendaient
imposer aux petits cantons, comme ils l'avaient déjà impo-
sée aux grands, leur politique irréligieuse ; les petits
cantons résistèrent et, pour défendre l'indépendance que
leur garantissait la Constitution, formèrent une ligue res-
treinte, le Sunderbund. Ils avaient le droit pour eux, et
l'Autriche serait intervenue volontiers pour les soutenir;
elle ne voulait pas cependant le faire sans la France ; mais
en France on craignait qu'une intervention ne soulevât ce
qu'on appelait les partis avancés. L'Angleterre, d'ailleurs,
ou plutôt Palmerston, tout en feignant de vouloir s'en-
tendre avec les autres Etats, soutenait secrètement à Berne
comme partout ailleurs, les révolutionnaires. La guerre
éclata au moment où les Puissances garantes de la neutra-
lité de la Suisse allaient intervenir. Palmerston avait averti
les radicaux des intentions de l'Europe et leur avait con-
seillé d'en finir vite: le Sonderbund fut écrasé.


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