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                     AVEC L'ABBÉ DE BARRUEL                            55
 président de l'assemblée du clergé, M. l'archevêque de Narbonne, en
 lui procurant la pension accordée aux gens de lettres par les États du
Languedoc, en l'invitant de venir loger chez lui, de devenir le coopéra-
teur de ses travaux dans la dignité où il est constitué : toutes ces fa-
veurs lui ont prouvé qu'il n'avait rien perdu dans l'esprit du haut
clergé, et il n'a pu se refuser aux instances du prélat pour laisser s'as-
soupir un procès scandaleux, dont le principal objet aujourd'hui ne
pourrait être que de donner en spectacle deux ministres des autels et de
faire rire les profanes à leurs dépens.


   Soulavie agit sagement en renonçant à un procès, qui
s'explique par le préjudice moral et pécuniaire que lui
avaient occasionné les attaques de son adversaire, mais
pour lequel la postérité seule pouvait être un tribunal com-
pétent.
     Aux yeux de la science, son rôle est incontestablement
 le meilleur. Il était le premier qui eût observé le grand fait
 de la différence des fossiles dans les diverses couches sédi-
 mentaires, et une preuve qu'il comprenait la portée de
 cette découverte se trouve dans un passage de son livre où
 il dit qu'il ne tient pas à la physique de son ouvrage, c'est-
 à-dire aux théories cosmogoniques auxquelles il s'était laissé
 entraîner sous l'influence de Buffon, mais qu'il tenait aux
faits, à Tordre des faits, à la chronologie des faits (13).
    Cette découverte est, en effet, sa gloire; elle est restée
 et les railleries de Barruel sont depuis longtemps oubliées.
    Un autre passage montre que si Soulavie était sensible
 aux attaques, celles-ci étaient, du moins, impuissantes à
 l'arrêter dans la carrière scientifique où il avait débuté avec
 tant d'éclat; c'est celui où, après avoir remercié ses sous-
 cripteurs, dont la liste se trouve en tête de ce volume, il


  (13) Histoire naturelle de laFrance méridionale, IV,